Réduire les émissions de CO2 en Poitou-Charentes
Réduire les émissions de CO2 en Poitou-Charentes
Quartier durable à Narbonne
mars 5, 2008
Des labels au service de la performance énergétique
L’intensification des mesures réglementaires françaises répond au succès croissant de nombreuses démarches ou labels désormais accessibles à tous et énergétiquement très performants.
Le premier et le plus répandu d’entre eux reste la certification HQE (Haute Qualité Environnementale), applicable aux bâtiments tertiaires et logistiques. Elle s’articule autour d’une démarche volontaire et certifiée par des organismes indépendants, en s’appuyant sur la mise en place d’un système de management de l’environnement et le respect d’objectifs environnementaux déclinés en 14 cibles. Pour le logement, nous disposons de la certification NF Maison Individuelle démarche HQE (délivrée par la Cequami) et de sa traduction pour l’habitat collectif et individuel groupé (délivré par la Cerqual).
Plus contraignantes, il existe d’autres certifications, faisant appel cette fois aux référentiels de la RT 2005 et engageant leurs acteurs à obtenir des objectifs chiffrés. Citons notamment la certification HPE 2005, la THPE 2005 (voir article précédent) et enfin le BBC 2005 (Bâtiments Basse Consommation) qui sans s’astreindre à une comparaison avec le référentiel existant, impose un résultat final de 50 kWhEP/m2/an pour les bâtiments neufs et 80 kWhEP/m2/an pour les bâtiments existants.
Dans la lignée du BBC, il existe deux autres labels d’origines étrangères opérationnels en France : la nouvelle norme à basse énergie Effinergie (référentiel suisse appelé Minergie : – 40 kwhEP/m2/an) et le Maison Passive (référentiel allemand appelé Passiv Haus : - 15 kWhEP/m2/an).
Enfin, d’autres normes de construction font aussi leur entrée en France, à l’instar des labels Breeam (GB) et Green Building (programme européen lancé en 2004) qui devraient trouver un écho favorable, notamment auprès des investisseurs étrangers. Ces normes s’inscrivent dans la méthode globale de la certification HQE en énonçant des objectifs chiffrés supplémentaires en matière de performance énergétique.
Bâtiment, Energie, Réchauffement climatique : une équation à zéro inconnue !
A la lecture de toutes les études disponibles, le lien entre ces trois thématiques est aujourd’hui incontestable et les enjeux qu’elles suscitent vont toutes dans le même sens : préserver notre biosphère.
Pour agir il faudrait simplement se souvenir que :
- 75% des émissions de CO2 à la fin du XXème siècle provenaient de la combustion des énergies fossiles ;
- 80% de l’approvisionnement énergétique mondial était assuré par les combustibles fossiles
- et enfin que la consommation des ressources énergétiques des quarante dernières années a dépassé celle allant des origines de l’homme aux années soixante.
Ajoutons pour conclure que le secteur du bâtiment en France est aujourd’hui responsable à lui seul de 43% de la consommation d’énergie finale et de 40% des rejets de gaz à effet de serre.
A l’évidence, énoncer ces quelques chiffres ne changera pas le monde ! Cependant, ils n’en restent pas moins un bon leitmotiv pour avancer et ne pas oublier que ces enjeux sont l’affaire de toutes et de tous. C’est donc bien dans cet esprit de partage et de mise en mouvement que nous avons créé notre blog, et aujourd’hui notre newsletter, dont le premier numéro est consacré à la thématique “Energie et Bâtiment”.
Un contexte politique engageant !
Les gouvernements français successifs, depuis la signature du Protocole de Kyoto, ont annoncé leur volonté de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays d’ici 2010 avec l’adoption du Plan Climat en 2004 (économiser 54 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an) et de les réduire par 4 d’ici 2050 (objectif affiché dans le rapport Facteur 4 en 2004).
Cette double intention française s’est renforcée dernièrement. Avec ses partenaires européens, la France a accepté de réduire de 20% ces mêmes GES d’ici 2020 et de tendre vers une baisse similaire de sa consommation d’énergie au Sommet Européen de l’Energie des 8 et 9 mars 2007 (paquet Climat Energie).
Légalement, c’est le programme fixant les orientations de la politique énergétique française (loi POPE) qui confirme la nécessité d’atteindre le facteur 4 d’ici 2050, en définissant plusieurs mesures visant à réduire la consommation énergétique dans différents secteurs d’activité. Transposant en droit français la directive européenne du 16 décembre 2002 sur la performance énergétique des bâtiments, cette loi affiche des contraintes qui devront se traduire par l’obligation d’une diminution par 6 des émissions de CO2 à l’horizon 2050, compte tenu de l’augmentation du parc.
L’ensemble de ces décisions laissent au gouvernement le soin de fixer par décret les conditions et les modalités d’application, en les saupoudrant d’une certaine force contraignante. Cependant, le récent Grenelle de l’Environnement confirme quant à lui la nécessité pour le gouvernement français d’accélérer son programme, car le pays est pris de vitesse par les nouvelles ambitions européennes.
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